Une dimension supplémentaire

Le Panorama du chemin de fer Transsibérien de MM. Jambon et Bailly


Les environnements immersifs du XIXe siècle

Le Panorama du chemin de fer Transsibérien de MM. Jambon et Bailly


 

Le Transsibérien: Positionnement des visiteurs et du décor animé
Illustration extraite du Scientific American Supplément No 1285 du 18 août 1900 – Source us.archive.org

 

Le Transsibérien: Détail du mécanisme déroulant les différentes toiles du décor
Illustration extraite du Scientific American Supplément No 1285 du 18 août 1900 – Source us.archive.org

 

Il n’est pas un visiteur de l’Exposition qui n’ait vu et admiré le Panorama du chemin de fer transsibérien exposé par la Compagnie des Wagons-Lits. Tandis que les wagons, animés d’un mouvement de trépidation destiné à augmenter l’illusion, demeurent immobiles, une toile sans fin, peinte d’après nature par les maîtres décorateurs Jambon et Bailly, se déroule sous les yeux du spectateur. Par les larges portières le voyageur voit défiler devant lui le panorama d’un pays aux vastes étendues, aux larges fleuves, aux lacs immenses, aux épaisses forêts de sapins.
En contemplant ce merveilleux panorama, le spectateur s’est-il rendu compte qu’il était tout simplement en présence du plus gigantesque travail que l’homme ait entrepris en ce siècle qui va finir et qui a vu s’accomplir tant de grandes choses? Se frayer une route au milieu des déserts de cette Sibérie, plus grande que l’Europe; traverser la région des steppes qui coure de l’Oural au Kamtchatka, avec ses parties montagneuses, ses ravins, ses clairières cultivées; pénétrer à travers les toundras, ces impraticables déserts marécageux; percer des forêts aussi épaisses que celles de l’Afrique centrale; franchir des fleuves aussi majestueux que le Mississipi; contourner ce lac Baïkal, cette « Mer Sainte », orageuse et inhospitalière, dix fois plus grande que le lac de Genève; établir une communication rapide entre l’Atlantique et la mer du Japon; relier directement Saint-Pétersbourg et Paris à Wladivostok; permettre d’aller de Londres à Shanghaï en douze jours, quel rêve!

Extrait de l’Intransigeant No 7413 du mercredi 31 octobre 1900 – Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France