Une dimension supplémentaire

Les panoramas du Vengeur et de la Touraine de M. Poilpot & Le paquebot transatlantique La Touraine


Les environnements immersifs du XIXe siècle

Les panoramas du Vengeur et de la Touraine de M. Poilpot


 

Installations mécaniques du panorama Le Vengeur
Gravure extraite de la revue Le Génie civil – Douzième année – Tome XXI – No 537 du 24 septembre 1892
Source gallica.bnf.fr / Ecole nationale des ponts et chaussées


Le panorama du Vengeur

La machinerie théâtrale se perfectionne de jour en jour: confiée d’abord à de simples charpentiers dont le treuil et les poulies sont les principales armes, elle entre aujourd’hui dans le domaine de l’Ingénieur. On a pu s’en rendre compte dans ces dernières années, notamment au Chàlelet, l’incendie du Mage à l’Opéra, etc. Les installations mécaniques du panorama le Vengeur en donnent un nouvel exemple.

Dans ce panorama, brossé par M. Poilpot avec une largeur de touche et une vérité d’attitudes saisissantes, il fallait compléter l’effet de la peinture par un mouvement imprimé à la plate-forme sur laquelle se tiennent les spectateurs. Cette plate-forme, qui est supposée être le pont du brick le Courrier, se trouve naturellement au milieu des flottes ennemies et en face du pont du Vengeur qui doit s’abimer dans les flots. Or, quelque talent qu’ait déployé l’artiste dans la représentation du sacrifice héroïque des marins français, l’illusion aurait été imparfaite si la toile de fond n’avait pas paru animée et si les vagues n’avaient pas semblé se soulever sous les vaisseaux et les épaves du combat. Cet effet est obtenu d’une manière très convenable par le soulèvement alternatif des deux extrémités de la plate-forme.
La première idée avait été d’appliquer pour ce travail les procédés ordinairement mis en oeuvre dans la machinerie théâtrale; […] Mais ce système, qui aurait pu réussir dans un théâtre, où les manoeuvres sont toujours de peu de durée et où les mouvements du personnel figurant sont entièrement réglés à l’avance, devenait insuffisant pour un panorama qui fonctionne pendant dix heures par jour et où les déplacements du public sont nécessaires. […] M. Poilpot a demandé à M. Berthot, Ingénieur des Arts et Manufactures, de substituer une transmission de mouvement mécanique à celle des treuils à bras. […]

Si MM. Berthot et Rouart avaient eu plus de temps à leur disposition, ils auraient pu communiquer au bateau un mouvement de roulis en même temps que celui de tangage, mais tel qu’il est actuellement, le panorama du Vengeur donne au spectateur une illusion plus que suffisante. La toile de fond et les vagues semblent participer au mouvement imprimé à la plate-forme et les malheureux marins du Vengeur paraissent s’abîmer sous les flots avec leur glorieuse épave.

Extraits d’un article publié dans la revue Le Génie civil – Douzième année – Tome XXI – No 537 du 24 septembre 1892
Source gallica.bnf.fr / Ecole nationale des ponts et chaussées

 


Le panorama de la Compagnie générale transatlantique

 

Au centre de la photographie, le Panorama de la Compagnie générale transatlantique à l’Exposition universelle de 1889
Photographie extraite de l’ouvrage: Exposition universelle, Paris 1889. Pavillon des Travaux publics – Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

La Compagnie générale transatlantique a exposé au Champ de Mars un vaste panorama et une série de dioramas d’un puissant attrait.[…] L’édifice fort élégant, élevé par M. Nénot sur les bords de la Seine, dans l’axe de l’avenue de La Bourdonnais, reposait pour partie sur le quai et pour partie sur pilotis au-dessus du fleuve. En plan, il affectait la forme d’un dodécagone régulier, dont les côtés opposés étaient à 40 mètres de distance environ l’un de l’autre[…]

Au fond du vestibule, les visiteurs prenaient sur leur droite un escalier qui les conduisait au premier entrepont de la Touraine, dans le couloir desservant les cabines de 1ère classe. Après avoir parcouru ce couloir, ils trouvaient un second escalier aboutissant à la plateforme, au centre même de la grande toile qui représentait toute la flotte de la Compagnie transatlantique en rade du Havre. Ils voyaient, au delà de l’avant de la Touraine, la ville et son port; sur la gauche, Sainte-Adresse et la pointe de la Hève se profilant dans un rayon de soleil; sur la droite, l’embouchure de la Seine, Honfleur, Trouville, la pointe de Dives, enfin la pleine mer. […]

La plate-forme où le public était admis, délimitée par une balustrade circulaire de 7 mètres de diamètre, avait une superficie de près de 50 mètres carrés et occupait les deux tiers de la passerelle du commandant, beaucoup plus grande ici qu’en réalité: la largeur de cette passerelle avait été en effet portée de 2 mètres à 10 mètres, pour permettre l’accès d’un plus grand nombre de spectateurs. Le diamètre de la grande toile mesurait 35 mètres environ; l’axe de la Touraine était excentré et séparé par une distance de 3 m. 25 de celui du panorama. Le paquebot, représenté en vraie grandeur, était matériellement construit sur une longueur de 3o mètres; les 29 mètres terminant l’avant jusqu’à l’étrave et les 106 mètres complétant l’arrière étaient fictifs et peints sur la toile : pour le spectateur placé au centre de perspective, le raccordement ne laissait rien à désirer et la masse tout entière apparaissait avec un aspect saisissant de réalité; lorsqu’on s’écartait du centre, la partie vraie et les parties fictives d’avant et d’arrière formaient des angles, mais ces angles restaient tellement ouverts que l’illusion n’en était pas sensiblement atteinte.

Sur la passerelle se dressait le roof de la timonerie, dans lequel on avait installé l’appareil à vapeur pour la commande des machines à gouverner, un compas de route, les tableaux des règlements maritimes et l’armoire aux pavillons. À la partie antérieure et en dehors de la plate-forme réservée au public, étaient rangés de tribord à bâbord un compas étalon (système Thomson), deux transmetteurs d’ordres, un gong avertisseur, un poste de communication téléphonique. A bâbord, le long de la passerelle du commandant, se trouvait plié un canot Berthon.Le pont-promenade, à l’étage au-dessous de la plate-forme, laissait voir, dans la partie réelle arrière, l’amorce d’un roof où était l’entrée des premières classes; à bâbord, une baleinière de 8 mètres; sur la partie réelle avant, deux passerelles légères rejoignant les parties pleines du pont, qui supportaient à bâbord et à tribord deux lifeboats de 7 m. 3o, puis deux autres petites passerelles amorcées en nature et se continuant fictivement dans la toile.En quittant la passerelle du commandant, les.visiteurs descendaient par un second escalier dans l’intérieur du navire et pénétraient dans une cabine de luxe, copie exacte de celles qui existent, au nombre de deux, sur chacun des steamers de la ligne de New-York. Pour rendre l’illusion plus frappante, deux hublots ouverts donnaient vue sur le côté de la toile qui figurait la pleine mer.[…]

Après avoir indiqué ce qui apparaissait aux yeux du public, pénétrons pour un instant clans les coulisses du monument, afin de rendre compte des principaux artifices auxquels l’artiste a eu recours. Tout d’abord il fallait masquer soigneusement le haut et le bas de la toile du panorama. Pour cacher la partie supérieure, il a suffi de suspendre au centre du panorama un grand vélum conique, qui arrêtait les rayons visuels supérieurs et les empêchait d’arriver aux deux grands réflecteurs de calicot blanc et à la rampe de gaz, servant au double éclairage de la toile; ce vélum limitait d’ailleurs la hauteur du mât et des agrès, sans choquer la vraisemblance.Pour dissimuler le bas de la toile, deux moyens ont été employés : du côté de tribord, l’excentricité donnée à l’axe du navire, alors que la plate-forme réservée au public occupe le centre du panorama, a permis de maintenir le spectateur à distance de la lisse d’appui, et le regard dirigé tangentiellement à celle-ci passait forcément au-dessus du bord inférieur de la toile. De l’autre côté, au contraire, l’accès restait libre jusqu’au flanc du navire, dont les flots battaient la carène; l’effet était obtenu par des portants de toile peinte figurant des vagues et maintenus par des chevalets dont la disposition sur le sol avait été très étudiée. La position relative des mâts, cheminées, manches à vent, etc., changeant d’un côté ou de l’autre de l’axé du navire, on s’était résolu à ne permettre la vue du paquebot dans toute son étendue qu’à bâbord; les parois mêmes du roof de timonerie ont servi à dissimuler le navire du côté de tribord.[…]

J’ai mentionné précédemment des moyens d’éclairage au gaz : le panorama était en effet ouvert le soir jusqu’à la fermeture de l’Exposition. Pour la grande toile panoramique, on avait installé au-dessus du vélum une plate-forme circulaire, sur le contour de laquelle brûlaient 35o becs de gaz à récupérateur du système Delmas Giroud, donnant chacun deux carcels d’intensité et consommant 120 litres à l’heure. Cette plate-forme, suspendue à la toiture par de solides câbles en fer, supportait elle-même la partie inférieure du vélum. La lumière artificielle, comme la lumière naturelle, n’arrivait au public que par réflexion sur la grande toile. Le gazier préposé à l’allumage montait par une échelle dissimulée dans l’intérieur du mât.[…]

Tout cet ensemble faisait grand honneur à M. Poilpot, à M. Nénot, aux divers artistes qui avaient peint les toiles dioramiques. Il honorait aussi et surtout la Compagnie générale transatlantique […]

Extraits de l’ouvrage Exposition universelle internationale de 1889 à Paris – Rapport Général par M. Alfred Picard – Tome deuxième – Travaux de l’Exposition universelle de 1889 – Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 


Les environnements immersifs du XIXe siècle

Le paquebot transatlantique La Touraine


 

 

Le paquebot transatlantique La Touraine

Le paquebot la Touraine, construit dans les chantiers de la Compagnie Iransatlantique, à Penhoët, près de Saint-Nazaire,[…] est le plus grand navire à passagers qui ait été créé jusqu’à ce jour par un établissement français.

 

La Touraine […] peut transporter 392 passagers de 1ère classe […] et 114 passagers de 2e classe, […].  La Touraine est donc aménagée pour recevoir a son bord: 506 passagers de cabine; et au besoin: 560 émigrants; soit un total de: 1066 passagers. En outre, le personnel du bord […] un effectif total de 301 individus, réunissant tous les corps de métier nécessaires à la vie matérielle du passager pendant les sept jours que durera la traversée du Havre à New-York.
Ainsi l’expression traditionnelle de Ville flottante, que l’on donne volontiers aux paquebots de grande taille, sera plus que jamais méritée par la Touraine qui portera dans ses flancs 1 367 êtres humains, chiffre que l’on pourra voir parfois s’augmenter en route.

Cette foule, admise à vivre pendant une semaine, sur une étendue superficielle de 7000 mètres carrés environ, divisée en deux ponts et deux entre-ponts, c’est-à-dire, sur une surface relativement restreinte, malgré l’énorme taille du paquebot, cette foule s’ignore complètement, pendant.toute la durée du voyage, suivant les catégories auxquelles elle appartient. Les 1ères classes ne voient pas les 2èmes, et ces deux classes ne soupçonnent pas la présence des émigrants […]

Toute la partie centrale du pont-promenade, sur une longueur de 85 mètres, appartient aux passagers de première seuls. Si l’on en retranche la superficie occupée par le roof, on trouve qu’il reste encore à ceux-ci près de 800 mètres carrés dégagés de tout obstacle, pour leur permettre la promenade au grand air.

En pénétrant à l’intérieur, vers le milieu du roof, on se trouve dans un vaste hall éclairé au centre par une large et gracieuse coupole; elle repose sur un plafond caissonné, richement décoré de peintures et de dorures.

 

La Touraine: Grand escalier

 

Les murs sont revêtus d’un vieux cuir de Cordoue; à l’avant, une glace ornée d’un cadre magnifique, que soutiennent deux élégantes cariatides, reflète la pièce entière et principalement une ravissante peinture posée contre la cloison d’en face, et représentant le château de Chenonceaux, cette perle de la Touraine. Deux escaliers partent de ce hall et conduisent l’un à l’entrepont, l’autre aux chambres de luxe des roofs et au promenade-deck. Toutes les boiseries sont en bois précieux d’acajou et d’érable, et rehaussées d’or et de marbres. Des torchères que portent des enfants en bronze ciselé et de riches appliques accrochées contre les murailles inondent chaque soir cette luxueuse entrée de lumière électrique. La décoration de cette pièce a été inspirée par l’art de la Renaissance. Sur le palier de cette entrée monumentale ouvrent le cabinet de consultation du docteur, et le petit salon de réception du commissaire, à droite et à gauche du grand escalier de descente au premier entrepont; de l’autre côté, on pénètre par deux doubles-portes dans le salon de conversation et de musique.

 

La Touraine: Salon de conversation

 

C’est une élégante pièce ornée de boiseries de sycomore et de citronnier encadrant les plus fines marqueteries ; entre ces panneaux, des sculptures rehaussées d’or, en même temps que des tentures de soie l’égaient et l’enrichissent. Le passager trouve pour s’y reposer, de larges et confortables canapés, des tables pour écrire sa correspondance, une bibliothèque pourvue des ouvrages les plus récents de nos meilleurs romanciers, un piano pour charmer ses loisirs.
Une large claire-voie, entourée d’une riche balustrade, occupe le milieu du salon; elle permet de regarder dans la salle à manger située au-dessous, et est éclairée par une magnifique coupole vitrée par où la lumière pénètre et se répand à profusion dans les deux grandes pièces superposées. Cette claire-voie est richement décorée dans toute sa hauteur; deux gracieuses peintures poétisant le calme et la tempête en ornent les parois.

Sur le même pont supérieur, à l’avant du roof se trouve le fumoir des premières classes, auquel on accède par deux portes donnant sur les coursives, l’une à bâbord, l’autre à tribord, et aussi par un petit escalier intérieur qui le relie au premier entrepont, communication fréquentée surtout les jours de bourrasque.
Ce fumoir est décoré dans le goût japonais. Les murailles sont garnies de boiseries de noyer et de citronnier, encadrant des faïences de Deck, ainsi que de panneaux de poirier incrustés de nacre et d’ivoire. Des glaces reflètent cet ensemble à des profondeurs infinies, sous un plafond où se dessinent les nielles les plus coquets. Le décorateur s’est appliqué, dans ce lieu qui doit être de fantaisie, à réaliser la variété qui distraie sans fatiguer. Dans ce fumoir, garni de tables à 4 et 6 personnes, de divans et de chaises, 60 fumeurs environ peuvent se tenir à l’aise. Il est desservi d’un côté par un office spécial renfermant liqueurs, bières et cigares de toute espèce et de toute marque; de l’autre par des urinoirs et lavabos. […]

Descendons maintenant du pont supérieur au premier entrepont qui est tout entier réservé aux premières classes, sauf les deux extrémités arrière et avant, assignées au personnel du bord. La grande salle à manger, qui était autrefois située à l’arrière des paquebots et qui avait été en dernier lieu reportée à l’avant, est sur la Touraine au centre même du navire, au point où les oscillations ont leur minimum d’amplitude; c’est, à ce point de vue spécial, une innovation très heureuse.

 

La Touraine: Salle à manger

 

Une autre disposition nouvelle, qui est appelée aussi à un grand succès, est la création de petites tables de société de sept personnes, qui permettront à une même famille ou à un groupe d’amis de dîner réunis ensemble avec la même intimité que dans un cabinet particulier. Ces petites tables, rangées parallèlement le long des murs tribord et bâbord de la salle à manger sont au nombre de cinq de chaque bord; 70 passagers peuvent donc y prendre leurs repas, en même temps. Trois grandes tables, dont l’une dans l’axe du navire, et les deux autres parallèles à droite et à gauche peuvent tenir encore 34 personnes chacune. Cette magnifique pièce permet donc à 172 passagers de dîner à la fois; […]

Avant de quitter la salle à manger, qui est la plus belle et la plus vaste pièce du steamer, donnons quelque idée de sa décoration à la fois si artistique et si bien appropriée à sa destination: les murs sont garnis de boiseries d’acajou massif, fouillées de sculptures rehaussées par des filets d’or; de gracieuses arcades reposant sur des colonnes élancées soutiennent le plafond, formé de larges caissons et magnifiquement orné de peintures et de dorures; de nombreuses glaces se font face, répétant à l’infini les splendeurs de la décoration; une cheminée monumentale du plus bel effet complète admirablement tout ce luxueux et riche décor.
Durant le jour, la lumière pénètre par les hublots, légèrement tamisée à travers de soyeuses tentures, et aussi par la vaste clairevoie qui met le salon de lecture en communication avec le grand salon; c’est la trouée vers le ciel qui attire les regards des passagers de l’intérieur du navire; aussi a-t-on accumulé de ce côté tout ce que le bon goût peut faire pour charmer leurs yeux. Le soir, aussitôt le coucher du soleil, c’est-à-dire souvent au milieu du dîner en été, la lumière électrique, succédant à la pénombre du crépuscule, jaillit instantanément des nombreuses lampes attachées aux girandoles de bronze doré, et produit une illumination féerique qui provoque chaque fois les murmures admiratifs de toutes les personnes attablées. […]

 

Les 2èmes classes sont installées vers l’arrière de ce même entrepont, et sont réparties en 14 cabines extérieures à 6 couchettes chacune et 10 cabines intérieures à 3 couchettes. Elles sont desservies par des urinoirs, water-closets et lavabos spéciaux. Elles sont directement reliées par un escalier qui traverse le premier entrepont sans y donner accès, à la salle à manger des 2es, située sur le pont supérieur dans un petit roof spécial; cet escalier se continue jusqu’au pont promenade et débouche dans un petit vestibule d’entrée, d’où l’on pénètre dans les fumoirs des 2es, à moins que l’on ne préfère se promener dans la partie arrière de ce pont.
L’avant et l’arrière du 2e entrepont peuvent à volonté prendre de la marchandise ou des émigrants. Dans ce dernier cas, des escaliers mobiles sont placés dans les panneaux de charge, et des couchettes rapidement montées dans les six compartiments qui forment autant de dortoirs, dont le plus grand contient 162 personnes, et les deux plus petits 26 seulement. […]

 

Texte et gravures extraits de la revue Le Génie civil – Onzième année – Tome XIX – No 9 du 27 juin 1891 – Source gallica.bnf.fr / Ecole nationale des ponts et chaussées

 


 

Note à propos des « émigrants » évoqués dans cet article de la revue Le Génie Civil: Rappelons que 50 millions d’Européens ont émigré aux Etats-Unis entre 1800 et 1914 ( http://www.citedelamer.com/wp-content/uploads/conference-j.desquesnes.pdf )

Donne-moi tes pauvres, tes exténués
Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
De ma lumière, j’éclaire la Porte d’Or.”
Emma LAZARUS
(Poème gravé sur le socle de la statue de la Liberté à Ellis Island à New York)