Une dimension supplémentaire

« Between Dark and Light »: L’architecture Khmère en équations !

 

Images réalisées à l’aide du générateur de fractales Mandelbulb 3d. Le modèle est Lenord – Between Dark and Light.

 

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BetweenDarkAndLight

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BetweenDarkAndLight-Carte980Carte stéréo:

Un fichier image (4918 x 3280 pixels) pouvant faire l’objet d’un tirage photo au format 10 x 15 cm est disponible (Clic droit sur l’image et Enregistrer la cible du lien sous …). Il est, bien entendu, tout spécialement adapté à notre stéréoscope « home made » (Un stéréoscope « fait maison »: http://www.surrealites.com/?p=5322 )

 

BetweenDarkAndLight-CroiseVersion croisée du couple stéréoscopique précédent.


Anaglyphe

Couple stéréoscopique croisé


Anaglyphe

Couple stéréoscopique croisé


Anaglyphe

Couple stéréoscopique croisé

Un stéréoscope « fait maison »

Alors que pas un jour ne passe sans qu’un constructeur de matériel high-tech ne révèle le développement voire la commercialisation d’un nouveau modèle de casque de réalité virtuelle, il peut sembler quelque peu suranné de présenter la construction d’une simple visionneuse stéréoscopique, et pourtant,… !:)
Une interaction fluide entre les mouvements du spectateur et les images affichées par un casque VR fait appel à des technologies très évoluées de tracking. Les dispositifs (les plus convaincants !) proposés aujourd’hui exigent des configurations matérielles très puissantes alors que l’image fixe reste, elle, beaucoup moins gourmande en ressources (matérielles et logicielles). La qualité des images (leur taille et leur résolution) est un facteur très important pour favoriser la sensation d’immersion. C’est même un élément différenciant pour les casques de réalité virtuelle (la société Pimax propose un modèle d’une résolution de 4K !) . Et sur ce point particulier, l’image en relief (fixe) perçue à travers un stéréoscope peut, après tout, rivaliser sans rougir avec des systèmes très sophistiqués.

 

Le coeur du stéréoscope est son optique. Et parmi les diverses formes de lentilles qui ont été, ou qui restent encore exploitées par les différents dispositifs de visualisation,  nous nous sommes intéressés à un modèle particulier, les lentilles dites prismatiques, et cela pour plusieurs raisons: La première est qu’elles offrent une excellente qualité optique particulièrement adaptée au stéréoscope que nous avons l’intention de construire,  la seconde est qu’il est possible d’en réaliser soi-même !

LentillesPrismatiques

L’image ci-dessus présente de véritables lentilles prismatiques en verre, identiques à  celles qui équipaient autrefois les stéréoscopes de Brewster et de Holmes. Alors que le premier était destiné à visionner des positifs sur plaques de verre par transparence, le second permettait l’utilisation de tirages papier. C’est une version inspirée de ce second modèle que nous proposons de réaliser.

stereoscopesbrewsterholmes

La littérature spécialisée de l’époque apporte des informations sur la réalisation des lentilles prismatiques . Elles étaient obtenues par des découpes effectuées sur une lentille biconvexe en verre d’une dizaine de centimètres de diamètre et d’une vingtaine de centimètres de focale.

decoupelentilles2L’illustration ci-dessus est extraite d’un ouvrage de 1894: Le stéréoscope et la photographie stéréoscopique par F. Drouin

 

Réaliser soi-même de telles tailles dans du verre est peu envisageable.  Mais on trouve dans le commerce des loupes à ouvrage en matière plastique qui offrent des caractéristiques assez proches de celles des lentilles biconvexes autrefois utilisées.

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Les deux éléments que nous avons découpés mesurent chacun 3,2 cm de large et 3,4 cm de hauteur. L’adhésif en papier de grande largeur nous aura permis, à la fois de tracer les lignes de découpe mais également de protéger les surfaces supérieures et inférieures qui sont relativement fragiles.

Les images ci-dessous présentent nos deux lentilles prismatiques : à gauche, telles qu’elles étaient disposées dans la loupe, et à droite, telles qu’elles seront orientées dans notre stéréoscope.

 

Lentilles

 

Le corps du stéréoscope est réalisé en carton disposant d’une face noire. Les photographies suivantes le présentent, assemblé.

 

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stereoscopemaison2

 

 


 

Pour tester le dispositif, un couple stéréoscopique a été réalisé. Le format de l’image est adapté à la dimension des impressions (10 x 15 cm) proposée par les bornes photographiques les plus courantes.

Si vous désirez vous-même imprimer cette image, une version de ce couple sous la forme d’une image JPEG d’une résolution  de 4918 x 3279 pixels (7,86 Mo) est proposée en téléchargement: Faire un clic droit sur l’image ci-dessous et sélectionner « enregistrer la cible du lien sous …  »

 

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Le couple stéréoscopique que nous avons réalisé présente les 2 captures selon une disposition traditionnelle qui est destinée à une vision dite en « parallèle ».

 

Voici ci-dessous, en bonus, une version « croisée » du couple. Elle est destinée aux amateurs éclairés à même de visionner ce type d’image directement depuis cette page web :)

 

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Pour être correctement exploitée, l’image doit être parfaitement plane. Pour cela, le tirage photographique devra être collé sur un support rigide découpé dans du carton. Une dimension de 17,8 mm x 9 mm permettra, non seulement, sa visualisation sur un véritable stéréoscope de Holmes…

 

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…  mais aussi, et surtout, sur notre stéréoscope « homemade » !

 

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A la manière d’une Google Cardboard, notre stéréoscope peut également être utilisé pour visionner le couple stéréoscopique depuis un téléphone mobile en bénéficiant de la qualité optique de notre lentille prismatique (il suffit de copier le fichier JPG dans le répertoire « Camera » du téléphone puis de lancer l’affichage de l’image.

 

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A suivre…

 

Le stéréoscope de Wheatstone revisité

Le stéréoscope de Wheatstone était équipé de 2 miroirs orientés à 90°, qui étaient destinés à renvoyer le regard vers des images disposées de chaque côté du dispositif. L’observateur était placé au plus près de la jonction des miroirs, chaque oeil percevant ainsi l’image du couple stéréoscopique qui lui était destinée.

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Dans notre adaptation du stéréoscope de Wheatstone, 2 écrans remplacent avantageusement les chevalets qui supportaient autrefois les couples stéréoscopiques dessinés ou imprimés. Les miroirs utilisés sont des miroirs optiques (miroirs dont le tain est placé sur la face avant du verre).

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Couple croisé présentant le dispositif.

 

Le stéréoscope

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Company of ladies watching stereoscopic photographs by Jacob Spoel (1820-1868)
Source : Wikimedia Commons

« …Il est vrai que si la photographie n’avait pas existé, le merveilleux instrument inventé par M. Weatstone n’eut jamais eu le prodigieux succès que l’auteur ne soupçonnait guère et qui ne fait que s’accroître tous les jours. […]
Lorsque M. Weatstone inventa le stéréoscope, il ne cherchait qu’à produire un instrument de cabinet de physique et tout au plus un jouet instructif pour les enfants. On dessinait géométriquement des corps solides sous les différents angles voulus et on plaçait dans le stéréoscope ces images mathématiques. Quant on voulut produire l’illusion au moyen de reproductions plus artistiques, l’exactitude du dessin ne fut jamais assez grande pour atteindre l’effet cherché ; l’application du daguerréotype à la production des images stéréoscopiques devait seule amener la plus charmante et la plus complète illusion.
Que de difficultés de pratiques et de détail il y eut à vaincre pour arriver à ce résultat : […]
Quant au mauvais goût, à la médiocrité, à la vulgarité qu’on reproche à la plupart des reproductions stéréoscopiques, nous passons volontiers condamnation sur ces points ; […] a-t-on condamné le pinceau et le burin parce qu’ils se sont prêtés à des fantaisies plus que légères et à des productions coupables ? […]

Il y a dans une épreuve stéréoscopique, comme dans un tableau, tout l’art que le peintre et le photographe ont su y mettre, et les prestiges de l’illusion ne sont qu’un des moyens employés par l’artiste pour arriver à un effet plus saisissant et plus profond. Toutes les fois du reste qu’un procédé enrichit le domaine de l’art, de nombreux détracteurs arrivent pour le combattre ;[…] Peut-être trouverons-nous, avec le goût public, dans ce stéréoscope tant accusé, un des meilleurs instruments que l’art réel, l’art vrai, qui aime la création et cherche le sentiment du vrai et du beau dans les choses qu’il reproduit, ait jamais eu à sa disposition. […]
Cette exagération, que produit le stéréoscope, nous fait voir le relief là où nos yeux dans la perspective naturelle ne le distingueraient pas. C’est cette imperfection relative qui contribue le plus à l’effet si saisissant des images stéréoscopiques, qui les fait surtout accuser de sécheresse, de trompe-l’oeil, de faux réalisme, par ceux qui, réagissant contre la première impression produite, n’ont analysé les détails que pour arriver à la critique, sans chercher au delà, et ont attribué à l’art et à l’instrument ce qui n’était dû qu’à l’habileté de l’artiste. […]
Mais si, à une connaissance approfondie de l’instrument qu’il manie et des ressources de son art, le photographe joint le sentiment artiste, s’il sait voir et sentir la nature quand il se trouve en face d’elle, il mesurera, à l’aide des diaphragmes, les rayons lumineux de telle sorte qu’il composera lui-même dans la chambre noire l’image d’après ce qu’il voit et d’après ce qu’il sent, donnant la netteté et l’importance aux points qu’il faut, et étendant sur l’image la vapeur lumineuse comme le soleil la tamise sur les lointains qu’il dispute aux brumes.
Malheureusement, tout le monde ne sait pas voir ; […]

Et nous le disons hardiment, le stéréoscope, lui surtout, nous donne cette sensation, vraie, profonde, saisissante.
Illusion ! nous criera-t-on, soit ; c’est de l’illusion, le triomphe de l’illusion ; mais que l’on n’en médise pas, car l’illusion, c’est l’art, rien que l’art, tout l’art ; ses ailes puissantes font planer l’homme dans les hauteurs sublimes de l’idéal ;… »

Extraits de l’ouvrage : La Photographie considérée comme Art et comme industrie – Histoire de sa découverte, ses progrès, ses applications, son avenir par MM. Mayer & Pierson – Librairie L. Hachette et Cie – 1862

  • Les stéréoscopes à miroirs
    En 1838, Sir Charles Wheatstone présentait à l’Association britannique pour l’avancement des sciences, son mémoire sur la physiologie de la vision. Un instrument de sa conception, appuyait ses théories. Ce dispositif qui intégrait deux miroirs, en renvoyant latéralement la vision de chaque oeil vers des dessins dissemblables (des doublets stéréoscopiques) produisait une sensation de relief. Le premier stéréoscope, dit stéréoscope à réflexion, était né.wheatstone
  • Les stéréoscopes à prismes
    Quelques années plus tard (en 1849), un autre physicien anglais, Sir David Brewster à qui l’ont devait déjà l’invention du Kaleïdoscope, proposait une adaptation du stéréoscope de Wheatstone. Son innovation, qui consistait à remplacer les miroirs par des prismes, permettait de visionner des couples d’images disposés sur un même support. Ce nouveau type de stéréoscope, dit stéréoscope à réfraction, est à l’origine de multiples variantes qui commencèrent à se répandre en Angleterre et en France à partir de 1852.
    L’image qui suit, présente deux lentilles prismatiques en verre. Ce sont de telles lentilles qui équiperont les stéréoscopes dits de Brewster et de Holmes.
    LentillesPrismatiquesLes stéréoscopes de Brewster permettaient généralement de visionner à la fois des couples de positifs sur verre par transparence (grâce à un verre dépoli placé à l’arrière de l’appareil), ainsi que des cartes stéréoscopiques imprimées. L’illumination de ces dernières était assurée par un miroir orientable, placé sur le dessus de l’appareil.
    StereoscopeBrewster
    Le stéréoscope de Holmes, plus simple dans sa conception, était, quant à lui, tout spécifiquement adapté aux cartes stéréoscopiques.
    StereoscopeHolmes
  • Les stéréoscopes à oculaires
    Une troisième catégorie de stéréoscopes, plus adaptée aux formats réduits (transparents ou imprimés), va apparaitre. Le principe de ces stéréoscopes, qui intégraient des lentilles grossissantes, est encore aujourd’hui exploité (avec une qualité parfois inégale des optiques !).StereoscopesLentillesStereoscopeEducaLes photographies ci-dessus présentent différents modèles de stéréoscopes à oculaires, adaptés à des couples stéréoscopiques (sur plaque de verre ou imprimés sur cartes), de différentes dimensions.